teale, Tomorrow Theory et le Dr Justine Massu ont publié le 23 avril 2026 le premier Baromètre IA et Santé Mentale, mené auprès de 1 956 actifs français déjà exposés à l’IA générative. Si 65,5 % des répondants estiment que l’IA améliore leur productivité, près d’un quart déclarent qu’elle fragilise déjà leur sentiment d’utilité ou leur estime de soi.
Au travail, l’intelligence artificielle semble, à ce stade, ne pas dégrader la santé mentale des collaborateurs. Mais derrière cette stabilité globale du bien-être psychologique, un signal plus troublant apparaît déjà : pour une partie des salariés, elle fragilise le sentiment d’utilité, de compétence et l’estime de soi.
Chiffres clés
- 65,5 % des répondants considèrent que l’IA a un impact positif sur leur productivité — ce taux progresse avec la fréquence d’usage.
- Près d’un quart des répondants évoquent un impact négatif de l’IA sur leur sentiment d’utilité ou leur estime de soi.
- Les scores de bien-être psychologique (indicateur WHO-5) se situent entre 60 et 67 sur 100 selon les profils d’usage, légèrement plus élevés chez les utilisateurs les plus fréquents.
- 38,1 % des répondants sont des utilisateurs réguliers de l’IA (plusieurs fois par semaine ou par jour).
- Les utilisateurs percevant un impact négatif de l’IA sur leur sentiment de compétence affichent un score de bien-être moyen de 60,9, contre 67,5 pour les autres ; même logique pour le sens du travail (60,3 contre 67,1).
Les utilisateurs occasionnels, souvent les plus fragilisés
Le baromètre montre que les utilisateurs les moins fréquents sont aussi, souvent, ceux qui perçoivent le plus négativement les effets de l’IA, notamment sur le sentiment de compétence et l’estime de soi. Tant que l’outil n’est pas pleinement approprié, il peut apparaître moins comme un soutien que comme un concurrent implicite. À l’inverse, les utilisateurs réguliers voient davantage l’IA comme une extension de leurs capacités.
Ce qui pèse sur le bien-être : la perception, plus que la fréquence d’usage
L’un des apports du baromètre est de montrer que la manière dont les collaborateurs perçoivent l’impact de l’IA sur leur travail pèse davantage sur leur bien-être que la simple fréquence d’usage. Lorsqu’un salarié estime que l’IA fragilise sa compétence, son plaisir ou le sens de sa mission, son niveau de bien-être chute nettement. À l’inverse, la seule perception d’un gain de productivité ne suffit pas à améliorer significativement ce bien-être.
« Ce baromètre montre que l’IA ne constitue pas, à ce stade, une menace directe pour la santé mentale au travail. Mais il montre surtout que ses effets dépendent moins de la technologie elle-même que de la manière dont elle est introduite, vécue et intégrée dans l’expérience de travail », explique Anaïs Roux, Directrice Scientifique de teale et psychologue du travail spécialisée en neurosciences.
« Ces résultats invitent à sortir d’une lecture binaire. L’IA n’apparaît ni comme un danger immédiat, ni comme une promesse automatique de mieux-être. Les effets observés sont réels, mais modérés, ambivalents et évolutifs », ajoute le Dr Justine Massu, chercheuse en psychologie organisationnelle.
« Le sujet n’est pas d’accélérer l’adoption de l’IA à tout prix. Le sujet est de construire un environnement de travail capable d’en faire un levier utile, soutenable et équitable », complète Rébecca Renverseau, cofondatrice de Tomorrow Theory.
Pour les entreprises : mieux concevoir les usages plutôt que déployer plus vite
L’étude invite les organisations à rendre les usages de l’IA visibles et légitimes, à éviter l’adoption sauvage, à former progressivement, à préserver des zones non assistées (notamment pour les juniors), et à suivre dans le temps des indicateurs simples : charge perçue, stress, sentiment de compétence, sens, qualité des relations.
Source : premier Baromètre IA et Santé Mentale, teale / Tomorrow Theory / Dr Justine Massu, communiqué de presse du 23 avril 2026. Méthodologie : enquête déclarative menée auprès de 1 956 actifs français de plus de 18 ans ayant déjà utilisé une IA générative, collectée entre le 1er juillet et le 30 septembre 2025 avec Panelabs (39 questions, indicateur WHO-5 de l’OMS pour le bien-être psychologique). Les résultats mettent en évidence des corrélations, sans établir de lien de causalité direct.
