À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, teale, plateforme de prévention en santé mentale, a publié le 8 mars 2026 une focale dédiée à la santé mentale des femmes au travail, à partir de son Baromètre de la Santé Mentale des salariés.
Pour Anaïs Roux, Directrice Scientifique de teale et psychologue du travail spécialisée en neurosciences : « On aime se dire que l’égalité progresse. Mais un indicateur reste obstinément un angle mort : la santé mentale des femmes. Tant qu’on ne la mesure pas comme un critère d’égalité, on continuera de demander aux femmes une dose de résilience supplémentaire, au lieu de changer les règles du jeu. »
Les marqueurs d’appartenance au travail qui décrochent le plus chez les femmes (2025 vs 2024)
- Reconnaissance au travail : 60,3 % (contre 64,8 % en 2024, -4,5 points)
- Relations positives au travail : 72,0 % (contre 76,7 %, -4,6 points)
- Travail « qui a du sens » : 64,7 % (contre 67,7 %, -3,0 points)
- Fierté vis-à-vis de son travail : 68,9 % (contre 71,9 %, -3,0 points)
- Charge mentale jugée gérable : 54 % (contre 55 %, -1 point)
- Capacité à faire face aux événements difficiles : 63 % (contre 65 %, -2 points)
- Ressources suffisantes pour faire son travail : 66,1 % (contre 67,1 %, -1 point)
- Relation satisfaisante avec le manager : 80,6 % (contre 82,5 %, -1,9 point)
Par ailleurs, 35 % des salariés déclarent avoir déjà envisagé de quitter leur entreprise pour préserver leur santé mentale.
Pourquoi le « self-care » ne suffit pas
Selon teale, la santé mentale ne dépend pas uniquement des ressources individuelles : elle se construit au carrefour de déterminants sociaux, économiques, biographiques et organisationnels, le genre restant un facteur majeur d’exposition — un constat déjà souligné par l’OMS dans sa revue Women’s mental health (2000). Les données de teale montrent que les gains de « self-care » profitent davantage aux hommes qu’aux femmes, tandis que chez les femmes, les ressources et la reconnaissance reculent.
« On parle souvent de « charge mentale » des femmes. Nos données montrent un autre élément tout aussi impactant : ce qui décroche le plus, ce sont les marqueurs qui font tenir au travail : la reconnaissance, les relations positives, le sens et la fierté. C’est le signal d’un retrait discret, pas d’une fragilité individuelle », ajoute Anaïs Roux.
Faire de la santé mentale un critère d’égalité professionnelle
teale appelle les organisations à sortir d’une logique de « self-care » seule pour renforcer les leviers structurels qui conditionnent la soutenabilité au travail : reconnaissance, perspectives, ressources, priorités, organisation du temps. À l’occasion du 8 mars, teale propose d’ajouter un indicateur d’écart de santé mentale femmes/hommes aux tableaux de bord d’égalité, puis de l’adosser à des actions concrètes.
Source : Baromètre de la Santé Mentale des salariés, teale, communiqué de presse du 8 mars 2026. Méthodologie : 10 000 répondants issus de plus de 100 entreprises, indice propriétaire de 30 questions (WHO-5 OMS, Well-Being Tracker teale, items inspirés du COPSOQ), conseil scientifique pluridisciplinaire.
