Communiqué de presse — Paris, le 2 juin 2026
Empreinte Humaine dévoile les résultats de la 16ème édition de son Baromètre sur la santé mentale au travail en partenariat avec Ipsos bva.
Cette nouvelle vague confirme une tendance préoccupante : la détresse psychologique des salarié.e.s atteint son niveau le plus élevé depuis le covid, dans un contexte où les tensions sur les conditions de travail, la reconnaissance et le sens fragilisent durablement les collectifs.
Le baromètre Empreinte Humaine explore les causes de cette détresse psychologique et, pour la première fois, il interroge les Français sur l’impact de leurs fragilités personnelles sur leur santé mentale au travail.
Les chiffres clés
- 1 salarié.e sur 2 présente un signe de détresse psychologique, soit le niveau le plus élevé mesuré depuis le lancement du baromètre (16 % sont en détresse psychologique élevée)
- 83 % des salarié.e.s en détresse psychologique modérée ou élevée relient cet état à leur travail
- 32 % sont en risque de burn-out, dont 11 % en burn-out sévère
- Seulement 11 % évoluent dans un climat de sécurité psychologique élevé
- 51 % disent avoir de moins en moins de temps pour faire un travail de qualité
- 52 % estiment que la succession des crises géopolitique et économique sert de prétexte pour dégrader les conditions de travail
- Pour se sentir reconnus, 70 % souhaiteraient être consultés avant une prise de décision
- 60 % ont l’impression d’être de simples exécutants dans leur travail
- 45 % craignent de ne pas pouvoir tenir psychologiquement jusqu’à la retraite
- ⅓ des salarié.e.s souhaitent quitter leur organisation
- 20 % disent faire le strict minimum dans leur travail, signe d’un quiet quitting qui s’ancre durablement
Une détresse psychologique installée à un niveau record
En 2026, 1 salarié.e sur 2 présente un signe de détresse psychologique. Cette proportion constitue le plus haut niveau observé depuis le lancement du baromètre en 2020, avec 16 % de détresse psychologique élevée. Parmi les personnes concernées, 83 % relient cet état à leur travail. La situation reste particulièrement préoccupante chez les moins de 30 ans, les femmes et les employés, qui figurent parmi les populations les plus exposées.
Le baromètre met également en évidence un niveau de vulnérabilité toujours élevé sur le front du burn-out : 32 % des salarié.e.s sont en risque de burn-out, dont 11 % en burn-out sévère. Pour Empreinte Humaine, cette stabilisation à un niveau élevé traduit une exposition chronique aux risques psychosociaux depuis plus de six ans.
Quand les difficultés personnelles empiètent sur la vie professionnelle
Au-delà des seules contraintes liées au travail, la 16ème édition du baromètre souligne le poids croissant des difficultés personnelles sur la santé mentale des salarié.e.s et sur leur capacité à exercer sereinement leur activité. 53 % déclarent avoir traversé une période de stress intense liée à une difficulté personnelle au cours des douze derniers mois, et 41 % ont été confronté.e.s à des difficultés financières, administratives ou juridiques sur la même période. Dans ces situations, le sentiment d’incompréhension domine : 62 % estiment que leur entreprise sous-estime ces difficultés, 59 % craignent que le fait d’en parler nuise à leur carrière, et 56 % se sont senti.e.s isolé.e.s ou sans soutien dans leur travail.
Des conditions de travail qui dégradent la santé mentale
Au-delà de la détresse psychologique, l’enquête révèle un malaise profond sur les conditions d’exercice du travail. 51 % des salarié.e.s ont de moins en moins de temps pour faire un travail de qualité, et 52 % estiment que la succession des crises géopolitique et économique sert de prétexte pour dégrader les conditions de travail. Plus largement, beaucoup ont le sentiment d’être devenus de simples exécutants, au détriment du sens et de la fierté au travail.
La reconnaissance reste un point de tension majeur. Les salarié.e.s attendent d’abord des gestes concrets du quotidien : consultation avant les décisions qui touchent à leur travail, remerciements spontanés et feedbacks réguliers. Le décalage entre reconnaissance souhaitée et reconnaissance vécue demeure important, en particulier vis-à-vis de la direction et du management.
Sécurité psychologique et prévention : un levier décisif
Seuls 11 % des salarié.e.s évoluent dans un climat de sécurité psychologique élevé. Pourtant, lorsqu’il existe, l’effet est très net : la détresse psychologique y chute fortement, et les indicateurs de bien-être comme de soutenabilité du travail s’améliorent significativement. Empreinte Humaine souligne également que plusieurs pratiques de prévention ont un impact concret, comme le fait de pouvoir parler sans tabou de santé psychologique au travail, de libérer du temps pour la prévention ou de fixer les objectifs en tenant compte du bien-être des équipes.
Le baromètre montre aussi que près de 8 salarié.e.s sur 10 considèrent qu’une organisation qui propose des dispositifs d’aide est une forme de reconnaissance. Pour Christophe Nguyen, président-fondateur d’Empreinte Humaine : « La prévention ne peut plus être pensée comme un sujet périphérique : elle doit devenir un levier structurant du management et de la performance durable ».
Santé mentale, soutenabilité et fidélisation
Les conséquences du mal-être sont désormais visibles dans le rapport au travail. 20 % des salarié.e.s déclarent faire le strict minimum, et 45 % craignent de ne pas pouvoir tenir psychologiquement jusqu’à la retraite. Ce chiffre grimpe à 65 % chez les jeunes en détresse psychologique. À l’inverse, 7 salarié.e.s sur 10 estiment qu’ils travailleraient mieux si les conditions de travail favorisaient une bonne santé mentale, et 6 sur 10 seraient plus fidèles à leur employeur s’il investissait fortement dans la prévention des RPS.
Empreinte Humaine appelle ainsi les entreprises à passer d’une logique de réaction à une logique de prévention structurée, afin de restaurer des environnements de travail plus protecteurs, plus soutenables et plus performants sur le long terme.
Méthodologie
Cette enquête a été menée par Ipsos bva par internet, du 4 au 18 mai 2026, auprès de 2 000 salarié.e.s français. La représentativité de l’échantillon est garantie par la méthode des quotas, appliquée sur les variables suivantes : genre, âge, région, catégorie socioprofessionnelle, secteur d’exercice, taille d’entreprise et entreprise public/privé. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne sur système CAWI. La marge d’incertitude est de 2,2 points au plus pour un échantillon de 2 000 répondants.
À propos d’Empreinte Humaine
Fondé en 2012 par Christophe Nguyen (psychologue du travail et des organisations, enseignant) et Jean-Pierre Brun (professeur de management à l’Université Laval, Québec), Empreinte Humaine est un cabinet indépendant spécialisé dans la promotion de la Qualité de Vie au Travail (QVT) et la prévention des Risques Psychosociaux (RPS). Habilité Intervenant en Prévention des Risques Professionnels et organisme de formation, Empreinte Humaine s’appuie sur des bases scientifiques rigoureuses et des résultats tangibles auprès de nombreuses entreprises françaises et internationales, de toutes tailles et secteurs d’activité.
Contacts presse — Agence Médiatiser.TV
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